...comment ça se passe, ensuite, au fur et à mesure des étapes?
A quel moment peut on estimer à juste titre et au vu de la situation, que la relation devient régulière?
A quel moment peut on, en tant que femme, se rassurer sur les intentions du monsieur et commencer à se décontracter quand
à la trouille de se faire larguer?
A quoi voit-on qu'on doit continuer à maintenir la tension, au contraire, et ne pas relacher, quels signes guetter
pour se dire que décidément non, ça ne le fera pas, que ce n'est qu'une question de temps avant la rupture?
Ce sont des questions que je me suis posées autour de la période des fêtes, parce que je sentais la balance se déséquilibrer
entre mes besoins et ce que F. est, pour l'instant, capable de me donner.
Il y a d'abord la phase d'euphorie, qui dure plus ou moins longtemps, et qui fait suite à la rencontre...le début de la
relation, remplie d'émotions, de papillons dans le ventre, de joie et de plaisirs. On fait connaissance, à l'occasion de nos rendez vous, plus ou moins longs, de sorties, de soirées, de
moments d'intimité...on commence à voir le vrai caractère de l'autre, car évidemment, l'attention finit par se relâcher, et la vraie nature revient au galop...On se dit "tiens il
est comme ça" ou "tiens, dans cette situation-là, il a cette réaction"...petit à petit, on jauge si "ça colle" avec notre nature à nous, notre caractère à nous, notre façon de voir les
choses...
A la phase d'euphorie succède la phase d'installation de la relation. Plusieurs semaines qu'on se fréquente, qu'on se
voit, qu'on vit des trucs ensemble. La confiance grandit, des deux côtés ( ou pas, d'ailleurs)...on continue à jauger l'autre, et à se rassurer ( ou pas) que la relation se stabilise et
qu'elle est en train de grandir, tout doucement. On commence gentiment à se confronter au quotidien de l'autre, à le voir sous un autre angle, celui de la cohabitation, lors de repas pris en
commun, de nuits passées ensemble, et donc d'une proximité grandissante.
Et ensuite?
F. et moi, on se fréquente depuis 4 mois maintenant. Quatre mois, pendant lesquels on a fait connaissance, on a commencé à se
découvrir, à être confronté au caractère, à la nature profonde de l'autre, à sa façon de fonctionner...on est sortis, on a bougé, on est même déjà partis quelques jours ensemble, on a eu de
plus en plus de moments d'intimité, on commence à partager des nuits, et à se confronter également au quotidien de l'autre, préparer un repas, s'occuper du confort de l'autre, prendre soin
de...
La balance s'est brutalement déséquilibrée au moment des fêtes, parce que je me suis montée des films, je me suis imaginé des
choses, et j'ai attendu de la part de F. des choses qu'il n'est pas encore capable de me donner. Même si pour les gens extérieurs, son attitude peut sembler très puérile.
Nous avons passé le réveillon de Noël ensemble, ainsi que celui du Nouvel An. Mais ensemble, avec des personnes autres. Dont
mon amie. Sa mère.
J'espérais vraiment qu'on profiterait de l'échange des voeux pour "officialiser" notre relation, et calmer les choses
pour moi. Parce que moi, je n'en pouvais plus de me cacher, de faire semblant, je me sentais mise à l'écart et surtout dévalorisée. Un soir où il était venu à la maison, j'avais craqué. Submergée
par les émotions et la tension, je lui avais dit en pleurant que je voulais que la situation cesse. Que vis à vis de sa mère, de son meilleur pote, et des autres, je ne voulais
plus me cacher ni faire semblant, mais juste être moi. La nuit du 31 au 1er a été juste horrible. Une grande remise en question de mon côté, savoir si oui ou non j'allais vouloir / pouvoir
continuer comme ça...
Il n'a pas bougé d'un poil par rapport à son comportement habituel. Copains, sans plus. Pas de baiser de bonne année, ni
devant les autres ni en intimité, il était contrarié, et j'ai bien vu qu'il n'arrivait pas à gérer les deux choses. Sa relation avec moi, et sa relation avec moi devant les autres ( sa
famille).
Et puis, je me suis calmée. Au vu du comportement de F. vis à vis de moi les jours qui ont suivi, j'ai bien vu qu'il n'y
avait rien à craindre, qu'il est bien avec moi et qu'il prend confiance, qu'il ne va pas me quitter.
Je vais lui laisser le temps, parce que je trouve que ça vaut vraiment le coup. Quatre mois ponctués de plein de trucs bien,
et de signes qui me font penser que cette relation pourrait se poursuivre. Plein de trucs à régler encore de son côté et du mien, et il faut que je me rende à l'évidence qu'une vie de couple, une
vraie, sous le même toit, n'est pas encore envisageable. Quatre mois de pur bonheur, et pas de dispute encore...on se découvre. Et j'ai vraiment, vraiment envie de prendre mon temps.
Ca me coûte un effort surhumain hein, parce que d'avoir rencontré quelqu'un qui n'a pas besoin de moi, qui se gère comme un
grand, ça me décontenance beaucoup, car je suis déstabilisée par rapport au schéma que j'ai entretenu pendant des années, avec mes relations précédentes...mais je vais bien. De la même façon
qu'il a caressé, ce jour là, le museau du cheval, à Amsterdam, il caresse ma vie. Avec beaucoup de douceur.