Au tout début de notre relation, il m’avait dit qu’il ne cherchait pas de relation de couple, que sa vie était compliquée, qu’il ne savait pas bien où il en était, et que je devais voir en lui plus un amant-bonus qu’un mari…cette affirmation s’était estompée au fil des semaines, au fil du temps, et au fur et à mesure de la découverte l’un de l’autre…les choses sont venues naturellement, comme une évidence, doucement mais sûrement…nous sommes partis ensemble quelques jours à Amsterdam, nous étions partis une journée en Espagne, nous avons partagé des moments sympas avec mes amis à l’occasion de repas au resto et d’un repas chez moi…bref, les choses allaient.
Et puis, de mon côté, la balance a commencé à se déséquilibrer. J’avais besoin de le voir plus souvent, de l’entendre, de partager des choses avec lui. Il a commencé à prendre place dans ma vie sans crier gare, et petit à petit, j’ai commencé à attendre des choses de lui que visiblement il n’était pas capable de me donner. On se téléphonait quasiment tous les jours, c’était toujours très agréable, lui toujours content de m’entendre, on partageait nos soucis de boulot, nos soucis du quotidien…on se voyait une fois par semaine à la maison. Et puis la situation s’est tendue. Mes besoins de le voir plus souvent ont été difficilement perçus. Un vendredi soir, on devait se voir, il devait venir diner et passer la nuit à la maison. Comme d’habitude, l’heure tournait et ne le voyant toujours pas arriver, je me suis endormie sur le canapé. Je savais qu’il avait des trucs à préparer, il partait le lendemain en train récupérer une voiture à 300 bornes d’ici…mais bon, j’étais là, moi aussi, et je l’attendais…
Ca faisait plusieurs fois qu’il me faisait le coup, quand on cadrait notre prochain rendez vous, de me dire « je te tiens au courant » et puis de ne pas donner de nouvelles, parfois plusieurs jours d’affilée…et comme moi je ne tiens pas 48 heures sans avoir de nouvelles, il devait se dire : si j’oublie d’appeler, elle, elle n’oubliera pas ». C’est aussi comme ça que je me suis rendue compte que parfois je lui servais de réveil en téléphonant, au moment où il était censé être là…et je le réveillais, parce qu’il était tombé de fatigue sur le canapé, et qu’il s’était endormi.
Là, je me suis violemment réveillée, une heure plus tard. Pas de coup de fil, pas de sms, et j’ai vu rouge. Je l’ai appelé, en lui balançant un « mais qu’est ce que tu fabriques ? » et quand il m’a dit : « je prépare mon sac pour demain », je lui ai dit le reste.
Qu’on avait rendez vous, qu’il était incapable de me dire oui, non ou crotte, que les « je te tiens au courant », c’était plus possible à gérer pour moi. Que j’aurai préféré qu’il annule la soirée plutôt que de me laisser dans le vague comme il le fait TOUT LE TEMPS. Et que là de toute façon c’était foutu pour le week end, qu’il partait le lendemain et moi j’avais un truc de prévu le dimanche, et que voilà, planning foiré...le tout avec un débit de paroles du style « ouai bon bref laisse tomber de toute façon c’est foutu »…Et j’ai déclenché le tsunami. Après le silence, il m’a dit qu’il sentait ces dernières s semaines que j’attendais plus de choses de notre relation que lui, qu’il m’avait prévenue qu’il ne voulait pas d’une relation de couple, qu’il n’était pas fiable, et qu’au plus on attendrait, au plus il me ferait souffrir…je suis restée scotchée, je lui ai demandé s’il voulait qu’on en reste là ?Le silence qui a suivi a été révélateur aussi du fait qu’il ne sait pas lui non plus où il en est, parce que s’il avait voulu qu’on arrête, il l’aurait clairement dit. On a continué de parler calmement, enfin, J’AI continué de parler calmement. Je lui ai dit qu’au départ c’était une relation du type « on se voit quand on a envie », mais que finalement, on se fréquentait depuis Septembre, et qu’il avait commencé à faire partie de ma vie, sans peut être le vouloir vraiment. Que je ne pouvais plus faire abstraction de son existence...et que je me sentais bien dans cette relation… Il m’a dit : on fera ce que tu auras décidé…
Et là, au lieu de dire : « on en reste là parce que c’est pas ça que j’attends d’une relation, moi j’ai besoin d’un homme dans ma vie mais pas que pour le sexe, j’ai aussi besoin qu’on s’occupe de moi autrement, et à terme j’ai envie d’une vie de couple, et j’ai besoin que tu me montres que je compte pour toi, et là c’est pas le cas donc dégage parce que je perds mon temps »…ben je lui ai dit « et si on se donnait du temps ? ».
Et il m’a demandé si j’avais mes garçons, et j’ai dit non ( nous étions vendredi, je venais de les laisser à leur père), et il m’a dit : je viens diner lundi…J’ai rétorqué un « ouai c’est ça…on verra hein…parce qu’entre ce que tu dis et ce que tu fais, des fois, y’a un monde… » et il me répète « je te dis que je viens diner ». Bon, ok, soit, appelle moi, alors.
Et là, les chutes du Niagara se sont déversés. J’ai appelé mon ami A. j’ai dit que c’était fini, que je l’avais perdu, et que c’était la fin des haricots…J’ai eu très mal. Le sentiment de l’avoir perdu, vraiment. D’avoir tout gâché. Alors qu’en fait, je venais de lui dire ce que je ressentais, comment je voyais notre relation, que j’avais envie de plus mais lui n’était pas capable de me le donner. La vision d’une vie de couple avec lui, l’envie d’un truc plus fort, d’une vie commune dans une grande maison, avec mes enfants une partie du temps…et pourquoi pas un petit dernier, avec lui…tout s’est écroulé.
Et puis, il est venu ce fameux lundi…et les choses ont repris leurs cours. Il m’a fait l’amour comme il le fait si bien, tout le temps, nos corps se sont écoutés comme ils s’écoutent depuis le début, j’ai repris confiance parce que les attitudes et les gestes ne trompaient pas…Après cette discussion au téléphone, nous n’avons jamais reparlé de ça. Moi, j’ai lâché la bride, en appelant moins souvent, en traquant moins, et j’ai senti de son côté l’envie de m’appeler, de prendre de mes nouvelles revenir…
Et un beau jour, enfin un soir, dans un moment de très grande intimité, et un abandon total, je lui ai dit qu’on allait avoir un problème, parce que j’étais amoureuse de lui, et que j’avais la trouille…je pleurais, je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer…il me tenait dans ses bras, assis derrière moi…et là, si normalement il n’avait pas partagé mes sentiments, il aurait du avoir un mouvement de recul, ou en tout cas une attitude me faisant comprendre que lui ne ressentait rien…Au lieu de ça, il a resserré doucement son étreinte, m’a murmuré un « ne pleure pas, chaton »…
Rien que de repenser à la scène, les émotions reviennent, c’est affreux.
Parce qu’aujourd’hui, j’ai la sensation d’avoir fait quelques pas en arrière…
En Juin, il a été over débordé avec son travail, des soucis divers et variés, de gros soucis l’ont empêché de penser à autre chose qu’à son travail. Il a eu une période très difficile, n’arrivant pas à se détendre, à profiter de quelques moments de plaisir…le cerveau tournait en mode « boulot », et je l’ai bien compris lorsqu’un jour il m’a quasiment crié dessus parce que je lui proposais de venir, parce qu’on ne s’était pas vus tous les deux d’un moment…Il lui fallait absolument régler ses problèmes de boulot, avant de pouvoir de nouveau penser à moi. Ca a duré presque 6 semaines. Six longues semaines pendants lesquelles j’ai été présente au téléphone, quasiment tous les jours, à prendre de ses nouvelles, à l’écouter parler, à l’écouter parce qu’il avait besoin que quelqu’un l’écoute. Mais il était incapable d’autre chose, et j’ai eu la force d’attendre. J’ai aussi eu le courage de lui dire, au bout de quelques temps, que malgré ses soucis de boulot, j’avais besoin de le voir. Que ça faisait longtemps, que j’avais besoin qu’on passe du temps ensemble. Qu’on avait besoin de raccrocher les wagons.
Les wagons sont raccrochés, aujourd’hui, mais je ne suis pas certaine que les choses vont se développer plus que ce qu’elles sont actuellement. Il a besoin de sa liberté, il la revendique en ayant cette attitude détachée vis-à-vis de moi…il est toujours content de me voir et de m’entendre, mais si j’appelle pas, je ne suis pas persuadée qu’il se rendrait compte du temps qui sera passé avant qu’il se rende compte qu’on ne s’est pas eus au téléphone d’un moment. Je crois que je dois laisser faire, et cesser d’attendre des choses qui ne viendront sans doute jamais.
Mais c’est difficile de rester détachée. Il faudrait que je me remette le nez en l’air pour me montrer disponible pour une autre histoire, avec quelqu’un d’autre…mais pour ça, il faut rompre. Et je n’y arrive pas. J’en suis incapable. J’ai besoin de ce qu’il me donne, maintenant. Même si c’est peu par rapport à ce que j’attends d’une relation avec un mec. Et je suis amoureuse. Et ça, quand il faut que tu prennes la décision de rompre, c’est la merde.
Lili coccinelle, 41 ans, maman-solo de 2 garçons de 8 ans,
Voici ma vie, avec mes petits bonheurs, mes douleurs, aussi, en tout cas, mes expériences...
Bienvenue chez moi...
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||