Je connais P. depuis Septembre 2006. Elle est institutrice, et directrice de l’école maternelle où entraient mes garçons à ce moment là…
Les affinités se sont ressenties immédiatement, et lorsqu’il m’a fallu trouver un stage en école ( à l’époque je préparais le concours de professeur des écoles), c’est naturellement vers elle que je me suis tournée. Elle a accepté avec plaisir de me recevoir, et j’ai passé trois semaines au sein de l’équipe enseignante. J’ai pu voir quasiment toutes les facettes du métier, je me suis imprégnée de l’ambiance, et surtout, j’ai énormément appris.
Nous sommes devenues « copines », et puis, les années passant, amies. Nos liens se sont renforcés durant la dernière année de maternelle des garçons, vers la fin de l’année, lorsque mes relations de couple se sont énormément tendues. J’avais besoin d’en parler avec elle, elle qui avait vécu la même chose quelques années auparavant. Elle a divorcé de son ex mari, ses fils étaient certes plus agés, mais la galère morale qu’elle a vécu, elle savait ce que c’était, et elle m’a beaucoup aidé à traverser les moments difficiles.
Le lendemain de la soirée où mon ex m’avait foutu à la porte sans ménagement, en me menaçant de réveiller les garçons et de partir avec eux, si je ne quittais pas la maison, j’ai demandé à lui parler dans son bureau de directrice. Là, j’ai éclaté en sanglots, je lui ai raconté ce qui s’était passé, et je lui demandais quels risques j’encourais si le midi, le père des enfants venait les récupérer sans prévenir à l’école…
Et depuis ce jour, nous nous sommes rapprochées.
Nous avons petit à petit commencé à nous confier l’une à l’autre, à nous parler de nos histoires sentimentales et de nos difficultés respectives à trouver un mec bien, on a partagé nos idées et nos vies. On a commencé à faire du sport ensemble, à aller à la piscine, et puis à aller au cinéma, de temps en temps, aussi.
Régulièrement je passais le lundi soir à l’école, jour où elle était directrice et donc disponible dans son bureau, et on se racontait nos petites histoires…
Elle a rencontré un gars bien, elle y allait tout doux parce que trouille bleue de se planter…et moi je lui racontais mes histoires de crapauds qui allaient et venaient dans ma vie…Elle m’a beaucoup guidé, sans jamais me juger…
J’ai cessé brutalement de lui parler de mes histoires sentimentales, du jour où j’ai rencontré son fils.
Je savais qu’ils vivaient à côté l’un de l’autre, dans la même bâtisse qu’ils avaient achetés ensemble. Je savais son existence, j’ai toujours entendu parler de F. et elle m’avait parlé une fois de sa rupture douloureuse avec sa petite amie, la dernière en date, celle qui l’a laissé sur le carreau comme une merde.
Du jour au lendemain, je lui demandais des nouvelles de son chéri, mais je ne lui parlais plus de moi. Je ne sais pas expliquer pourquoi, c’était comme ça.
On a commencé, à ce moment là aussi, à se voir beaucoup plus souvent qu’avant, à diner ensemble, aller au resto, diner chez elle…je suis venue boire le café quelquefois à l’improviste, après un cinéma en semaine ou un samedi, avec les enfants…
Elle a donc pu constater le changement dans mon comportement, et puis mon attitude envers son fils.
Lundi soir, après ce qui venait de se passer avec F. les jours passés, je ne pouvais plus rester dans ce silence. J’avais besoin de lui parler. Pas de tout raconter, mais de la mettre au courant de ce qui se passait avec F. Pour qu’elle ne soit pas mise devant le fait accompli, ou qu’elle l’apprenne par quelqu’un d’autre.
A la piscine, donc, j’ai pris mon courage à deux mains. Ca n’a pas été rien, il m’a fallu 10 longueurs de bassin pour lui dire « je crois que je suis amoureuse de ton fils ».
Voilà. C’était laché, et je m’attendais aux foudres de Dieu.
Au lieu de ça, j’ai eu un sourire, et un « ah bon ? ah ben j’men serai pas du tout rendu compte si tu m’avais rien dit »…et un rire entendu…
Après que je lui ai dit que c’était compliqué, elle me confirme qu’effectivement c’est compliqué mais qu’elle ne s’en mêle pas, qu’elle ne s’est jamais mêlée des affaires de cœur de ses fils.
« Ce sont vos histoires », me dit elle.
J’avais besoin de le lui dire. C’est effectivement compliqué parce que je sens que F. a du mal à gérer la situation, je suis l’amie de sa mère, et sans doute ne veut il pas mettre en balance notre amitié.
Mais nous sommes adultes, et F. étant d’abord un ami, avant d’être devenu un amant, il se pourrait bien que nous réussissions à rester amis, si d’aventure ma relation avec lui ne se poursuivait pas.
Il faut juste laisser le temps au temps.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires